[ECOLO] Journée sans papier

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"World Paper Free Day"

Le 25 octobre de chaque année, c’est la journée mondiale sans papier ; créée dans le but de sensibiliser les professionnels et les particuliers à la consommation de documents papiers, d’encourager les entreprises à utiliser le numérique et limiter ainsi l’impact sur l'environnement.

La « World Paper Free Day » a été instaurée par les géants du stockage de documents et de la gestion électronique des documents. Green washing ? Marketing ? Oui, non, peut-être, sûrement… Mais en tout cas, cette journée a le mérite de nous faire réfléchir sur la (sur)consommation du papier et de mettre en lumière les problèmes de gestion des documents papier.

Selon le site Planetoscope, on utilise près de 398 millions de tonnes de papier par an. Soit 12 620 kilos de papier par seconde !!! C’est affolant ! Allez-y, regardez par vous-même.

En Belgique, on serait à 250 kilos par an et par habitant : publicités postales, papier WC, emballage alimentaires, …  La consommation moyenne européenne avoisine les 190 kilos par an et par habitant, nous sommes donc des mauvais élèves. Cela pourrait s’expliquer par l’énorme secteur tertiaire, où l'on consomme beaucoup de papier : 70 à 85 kilos de papier par an et par habitant. La généralisation des imprimantes personnelles a également entrainé une augmentation de la consommation de papier. Il est prouvé qu’un quart des documents sont jetés 5 minutes après l’impression : on imprime, on lit, on jette.

La dépendance au papier est un réel problème. Les entreprises et associations sont saturées par des piles de documents et des étagères surchargées. Un employé sur deux ne peut pas se passer de papier quotidiennement dans son activité professionnelle.

Selon une récente étude de l'AIIM (Association for Information and Image Management), seulement 17 % des employés travaillent, dans ce qui pourrait être décrit comme un environnement sans papier.

Cette journée sans papier relève d’un enjeu environnemental quant aux ressources naturelles utilisées pour fabriquer le papier mais aussi d’un enjeu économique car la gestion et le stockage physique des documents coûte cher. La dématérialisation des documents présente donc un véritable intérêt pour les entreprises et toute la société en général.

Bonnes pratiques

Chez soi, au boulot, en faisant ses courses...

- Agir tout au long de la chaîne, les 3 " R " : réduire - réutiliser – recycler

- Réfléchir à la pertinence de ce que l'on va imprimer

- Privilégier le recto-verso (pour diminuer la quantité par deux)

- Imprimer deux feuilles par page (pour diminuer la quantité par quatre)

- Utiliser du papier recyclé (pour économiser eau, énergie et ressources)

- Réutiliser l’arrière des feuilles pour les listes de courses, les dessins des enfants,…

- Trier consciencieusement les papiers et les cartons

- Agir sur sa boite aux lettres (autocollant « stop pub »)

Le papier recyclé est-il vraiment plus écologique?

Le papier recyclé impacte beaucoup moins l’environnement que le papier classique. Le recyclage consiste à extraire les fibres des vieux papiers pour être réutilisées plusieurs fois. Ce procédé nécessite moins de bois, moins d’eau, moins d’énergie que la fabrication de papier traditionnel et permet la valorisation de ce déchet.

Certains papiers recyclés sont meilleurs que d’autres, la différence se situe au niveau du taux de fibres recyclées et des traitements subis lors du recyclage. Pour obtenir un papier blanc, (recyclé ou non),des oxydants sont nécessaire. Le bilan écologique du papier recyclé reste bon grâce aux normes EU contraignant les papetiers à épurer leurs rejets.

Les labels :

« APUR ou NAPM » : garantissant un taux de 50 à 100 % de fibres récupérées

« La Fleur », l'écolabel européen : consommation énergétique et impacts sur l’environnement

« Ange bleu » : écolabel allemand le plus exigeant qui combine les deux ci-dessus.

Le meilleur papier est le papier 100 % recyclé, non blanchi et non désencré, beige ou gris.

Le stockage numérique est-il vraiment bon pour l’environnement ?

L'impact négatif écologique lié au recours aux outils numériques se situe à plusieurs niveaux :

- L'extraction des métaux pour la fabrication des équipements : les composants électroniques contiennent des dizaines de métaux rares (or, argent, palladium, indium, etc.) Ces ressources minières s'épuisent à grande vitesse.

- les ressources consommées pour utiliser les équipements : l’énergie utilisée pour le fonctionnement des datacentres et l’énergie utilisée pour leur refroidissement.

- Le recyclage des déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE). En Europe, 1/3 des DEEE sont recyclés par des filières spécialisées. 17 métaux utilisés sur 60 sont récupérés.

Selon des études comparatives, l'impact entre une liseuse et un ouvrage papier dépend fortement du type de lecteur : l'avantage revient à la liseuse lorsque le nombre de livre lu par an est important. Mais moins de 10% de la population lit plus de 8 livres par an, le livre se prête, se conserve contrairement au support numérique, obsolescent par nature puisque l'évolution des formats et des équipements rendra le livre numérique illisible. De plus, une fois un livre numérique acheté il est récupérable sur autant de périphériques désirés et liés à notre compte. Un livre  peut se perdre ou s'endommager.

La dématérialisation, l’accessibilité à nos données hors des contraintes de temps et d'espace engendre une forte utilisation des outils numériques. Ces centaines de milliers de serveurs informatiques requièrent beaucoup de ressources énergétiques pour leur alimentation et leur maintenance. Les propriétaires de datacenters travaillent à baisser la consommation énergétique de leurs installations, notamment par la cogénération et l’utilisation d’énergies renouvelables.

Il est clair que les datacenters, à l’heure actuelle ne compense pas le CO2 produit et les impacts de fabrication et de recyclage des composants des serveurs. Mais il faut mettre tout cela en perspective avec l’autre côté de la lorgnette. Ces serveurs sont utilisés pour stocker des documents mais pour également pour beaucoup d’autres choses: faire tourner des applications, servir de support à des clients de toutes sortes, etc. Il faut prendre en compte les effets positifs de la dématérialisation tels que particulièrement le gain de temps, l’économie de déplacement, l’économie de papier.

Pour la signature électronique et sécurisée de documents, des solutions existent. Par exemple "hellosign.com".

Avez-vous déjà imaginé votre bureau en version ZÉRO PAPIER ? C’est peut-être le moment de sauter le pas !

Après plusieurs heures de réflexion,  ma conclusion est la suivante : comparer le gain au niveau écologique en passant à une méthode "sans papier" aux dépenses énergétiques des infrastructures I.T. (Information Technology) mondiales ne m’apparaît pas très honnête. Le mieux est d'agir raisonnablement et consciemment au niveau de notre (sur)consommation de papier.

Sources : 

B. Boutherin et S. Nicoll

journee-mondiale.com  /  atlantico.fr  /  entropics.fr  /  snessii.com  /  ecoconso.be  /  science-et-vie.com 

Credits : 

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